Les autorités nigériennes ont franchi une nouvelle étape dans leur bras de fer avec l’opérateur nucléaire français Orano. Un comité d’experts a été officiellement installé mercredi sous la présidence du ministre de la Justice, Alio Daouda, avec pour mission de préparer des plaintes contre l’entreprise française.
Cette décision fait suite à la nationalisation des ressources minières décrétée par le Niger, qui a provoqué plusieurs procédures d’Orano devant le Centre International de Règlement des Différents (CIRDI). Selon le ministre Daouda, le groupe français y revendique « une soi-disant propriété minière sur les terres nigériennes », une position que Niamey conteste vigoureusement.
Face à ces recours, le Niger organise sa contre-offensive juridique. Le ministre a annoncé que le pays « initiera des procédures judiciaires contre Orano en s’entourant de toutes les précautions pour l’attraire devant les juridictions nationales et étrangères ». L’objectif est clair : obtenir condamnation et réparations pour les préjudices que l’État estime avoir subis.
Ce comité d’experts représente l’outil technique et juridique qui permettra au Niger de mener ce combat judiciaire complexe. Sa création démontre la détermination des autorités à défendre leur souveraineté sur les ressources minières par tous les moyens juridiques disponibles, au niveau national et international.
Cette escalade juridique marque un nouveau chapitre dans les relations tendues entre le Niger et son ancien partenaire minier. Elle illustre la volonté des autorités de la transition de rééquilibrer fondamentalement les termes de la coopération minière, quitte à s’engager dans des batailles judiciaires coûteuses et prolongées.
