Le Président Félix Tshisekedi a remis sur la table un dossier qui traîne depuis près de 25 ans. Lors du Conseil des ministres dernier, il a exigé que les entreprises de télécommunications installées en RDC appliquent enfin une vieille disposition légale : réserver 5% de leur capital aux travailleurs congolais .
Cette mesure n’est pas nouvelle. Elle figure dans les lois qui régissent le secteur depuis 2002, et a été reconduite dans la loi n°20/017 du 25 novembre 2020. Mais jusqu’ici, personne ne l’a jamais respectée . Résultat : des années que les employés congolais créent de la valeur dans ces boîtes sans en voir les bénéfices autrement que par leur salaire.
La loi est claire : toute entreprise de télécoms qui veut opérer en RDC doit réserver au moins 30% de son capital à des intérêts congolais. Sur ces 30%, 25% concernent des personnes physiques ou morales du pays, et 5% sont expressément pour les travailleurs de l’entreprise . Mais dans les faits, les maisons mères étrangères gardent la main sur tout. Vodacom, Orange, Airtel, Africell : tous fonctionnent avec très peu de participation locale .
Pour le Chef de l’État, cette situation n’est plus tolérable. Il parle carrément d’une « anomalie juridique et sociale ». Selon lui, cette non-application prive les travailleurs d’un droit que la loi leur reconnaît, entretient des déséquilibres dans la gouvernance des entreprises et fragilise le dialogue social .
Concrètement, ce que veut Félix Tshisekedi, c’est que les employés congolais deviennent actionnaires de leurs propres boîtes. À la fin de l’exercice financier, ils pourraient toucher une part des bénéfices en plus de leur paye . De quoi améliorer sérieusement leurs conditions et les associer vraiment à la réussite des entreprises où ils travaillent.
