Alors que les divisions ethniques et régionales menacent encore la cohésion sociale de la Sierra Leone, le président Julius Maada Bio multiplie les appels à l’unité nationale. Lors du Town Hall présidentiel tenu le 30 juin 2026 à l’université de Makeni, il a exhorté ses concitoyens à rejeter le tribalisme, rappelant que les frontières administratives Nord, Sud, Est et Ouest ne sont que des outils de gouvernance et non des motifs de division.
« Nous sommes un pays composé de nombreuses ethnies différentes. Les frontières administratives ne doivent pas nous diviser », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de considérer la diversité du pays comme une force nationale plutôt qu’une source de conflit. Le président a souligné que son administration reste profondément inclusive, et que la gouvernance ne saurait être influencée par des considérations régionales ou ethniques.
Les appels du président interviennent dans un contexte où les cicatrices de la guerre civile (1991-2002) ne sont pas totalement refermées. La Commission Vérité et Réconciliation avait constaté que les provinces avaient été « presque totalement mises à l’écart par la centralisation du pouvoir politique et économique à Freetown », un déséquilibre qui continue d’alimenter les tensions. Selon l’Institut d’études de sécurité, le SLPP au pouvoir puise son soutien principalement dans l’ethnie Mende au sud et à l’est, tandis que l’APC, principale formation d’opposition, est majoritairement appuyé par les Temnés du nord et du nord-ouest.
Le président Bio a imputé ces tensions persistantes aux politiciens qui exploitent les identités ethniques à des fins électorales, au lieu de proposer des solutions concrètes pour améliorer le quotidien des citoyens. Il a plaidé pour que les dirigeants politiques concentrent leurs efforts sur les politiques publiques santé, éducation, gouvernance démocratique et bien-être économique plutôt que sur des discours identitaires.
Le président a lancé un appel particulier à la jeunesse, l’invitant à nouer des amitiés au-delà des clivages ethniques, régionaux et culturels. Il a mis en garde contre les dangers des politiques identitaires, qui menacent de compromettre les acquis de paix depuis la fin de la guerre civile. « Nous devons briser les frontières de l’ethnicité, au-delà de ces divisions, de nos foyers jusqu’aux plus hauts niveaux politiques », a-t-il déclaré.
À travers ses engagements répétés en faveur de l’unité nationale, lors des cérémonies religieuses, des conférences ou des discours de fin d’année, le président Bio trace une voie claire : celle d’une Sierra Leone où la paix durable ne se construit pas par des accords politiques, mais par une véritable réconciliation entre les communautés.
Amen K.
