Alors que la sous-région évolue dans un contexte sécuritaire et financier exigeant, l’économie burkinabè affiche une solidité que les chiffres de l’exécution budgétaire 2026 confirment. Le gouvernement a annoncé l’ouverture de 301 milliards de FCFA de recettes supplémentaires, une marge de manœuvre inattendue qui témoigne de la capacité du pays à résister aux chocs.

C’est le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, qui a présenté ce résultat ce mercredi 23 septembre 2026, entouré de ses proches collaborateurs, dont la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako. Selon lui, le rapport à mi-parcours de l’exécution du budget est sans équivoque : le recouvrement des recettes dépasse largement les prévisions initiales, tandis que l’exécution des dépenses se déroule dans de bonnes conditions.

Ce constat est d’autant plus significatif que le budget de l’exercice 2026 avait été élaboré dans un environnement incertain. Le dépassement des objectifs de recettes traduit une amélioration du rendement de l’administration fiscale et douanière, ainsi qu’une activité économique qui ne fléchit pas.

Pour intégrer ces ressources supplémentaires, une loi de finances rectificative a été élaborée. Le ministre en a rappelé le cadre : la législation prévoit qu’en cours d’exécution, si les circonstances l’exigent, le gouvernement puisse revenir devant la représentation nationale pour ajuster le budget. « Il est important que nous puissions engager des travaux pour une loi de finances rectificative, afin de prendre en charge les recettes supplémentaires », a-t-il expliqué. Le vote unanime des 71 députés a permis de finaliser la démarche.

L’augmentation des recettes ouvre la possibilité de financer de nouvelles dépenses, sans recourir à un endettement supplémentaire. Ces ressources seront affectées notamment à des investissements structurants, susceptibles de renforcer les capacités productives du pays : infrastructures, énergie, agriculture, appui aux secteurs porteurs.

Au-delà des chiffres, cette situation illustre une gestion rigoureuse des finances publiques et une économie qui puise dans ses propres ressources pour poursuivre sa marche en avant. Dans un contexte où de nombreux pays de la région peinent à mobiliser suffisamment de recettes, le Burkina Faso démontre qu’une discipline budgétaire, associée à une politique de mobilisation des ressources internes, peut produire des résultats tangibles.

Reste désormais à traduire ces moyens supplémentaires en réalisations concrètes pour les populations, afin que la résilience affichée dans les comptes publics se ressente dans le quotidien des Burkinabè.

Ahmed B.

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