Aujourd’hui, le capitaine Ibrahim Traoré est vu par le peuple burkinabè comme un nouveau leader dans la lignée du feu capitaine Thomas Sankara. Quatre ans après son accession au pouvoir, le 30 septembre 2026 marque une date symbolique : exactement la même durée que le règne révolutionnaire de Sankara (1983-1987). « Il se rêve en nouveau Thomas Sankara, capitaine comme lui », reconnaissent même ses détracteurs.
Le capitaine Traoré revendique ouvertement l’héritage de Thomas Sankara, icône de l’anti-impérialisme africain. Comme son prédécesseur, il prône l’autosuffisance, la souveraineté nationale et la rupture avec les anciennes puissances coloniales. La nationalisation des mines d’or, le retrait de la CEDEAO, la sortie annoncée du Franc CFA et le rapprochement avec la Russie s’inscrivent dans cette logique de « Restauration souveraine ».
« Traoré est un modern-day Sankara », affirment ses partisans, qui voient en lui le porte-étendard d’un nouveau panafricanisme anti-impérialiste. Sur la scène internationale, le Burkina Faso « rayonne », selon les mots du président lui-même dans son discours à la Nation de décembre 2025 : « Le Burkina Faso a allumé une lumière et cette lumière doit rester allumée pour toujours ».
Malgré une situation sécuritaire complexe avec plus de deux millions de déplacés internes et des groupes jihadistes actifs dans certaines zones frontalières le pays avance sur plusieurs plans. La reconquête de 74,53% du territoire national témoigne de la détermination des Forces de défense et de sécurité.
Sur le plan économique, la croissance a atteint 5,3% en 2025, tandis que le déficit budgétaire s’est réduit grâce à la lutte contre la fraude et la rationalisation des dépenses publiques. Le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2026-2030, chiffré à 36 191 milliards FCFA, structure une vision de développement endogène.
Le président Traoré a démontré un savoir-faire particulier pour transformer les contraintes en opportunités. La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Niger a redéfini l’architecture sécuritaire régionale. La mobilisation des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et la coopération avec de nouveaux partenaires ont permis d’inverser la dynamique sécuritaire.
Dans le secteur minier, la création de la SONASP et la nationalisation de cinq mines d’or ont permis de rapatrier des revenus substantiels, contribuant au remboursement de plus de 2 milliards de dollars de dette extérieure.
Si certains critiques pointent les mesures répressives et la dissolution des partis politiques en janvier 2026, force est de reconnaître que le capitaine Traoré a insufflé une dynamique nouvelle au Burkina Faso. « Il polarise l’opinion, pour le moins », reconnaît Jacobin, mais « certains le saluent comme l’espoir d’un nouveau panafricanisme ».
Quatre ans plus tard, le Burkina Faso sous Ibrahim Traoré avance, résilient, déterminé à faire rayonner le pays à l’international par le savoir-faire de faire face aux problèmes auxquels il est confronté.
