La situation sécuritaire du Burkina Faso s’est nettement améliorée ces dernières années, même si des défis importants subsistent. Les autorités burkinabè affichent des progrès tangibles dans la reconquête du territoire et le retour des populations déplacées, tout en reconnaissant que la lutte contre les groupes armés demeure une priorité nationale.
Selon les chiffres officiels présentés par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo en janvier 2026, près de 74 % du territoire national avait été reconquis grâce aux opérations antiterroristes. Les forces burkinabè ont détruit plusieurs bastions terroristes et mis l’ennemi en déroute dans de nombreuses localités. Cette dynamique a permis des résultats concrets : la réouverture de 73 préfectures et mairies, plus de 600 structures éducatives, 38 formations sanitaires, ainsi que la libération et la réinstallation de 442 villages. Plus d’un million de personnes sont retournées dans leurs localités d’origine.
Début 2026, près de 290 000 personnes déplacées étaient rentrées dans la région de Koulsé, la plus forte concentration se trouvant dans la province de Sanmatenga. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a qualifié ce retour progressif des populations de « signal encourageant dans la dynamique de lutte contre le terrorisme ».
Cette amélioration repose sur une refonte profonde de l’appareil sécuritaire. Le président Ibrahim Traoré a révélé en septembre 2026 que près de 300 blindés « Nanga » avaient été produits localement depuis novembre 2025, dont plus de la moitié déjà positionnés sur le terrain. Ces véhicules, conçus et fabriqués par la société Faso Armored, sont adaptés aux réalités du terrain sahélien, notamment aux embuscades impliquant des mitrailleuses de 12,7 mm.
Le chef de l’État a également annoncé l’arrêt de toute nouvelle commande de blindés à l’étranger, affirmant vouloir désormais tout fabriquer sur place. Cette montée en puissance s’accompagne d’une démonstration publique de systèmes d’armement chinois, dont des lance-roquettes et un système de défense aérienne Sky Dragon 30, confirmant le renforcement des capacités militaires burkinabè.
Malgré ces avancées, la menace terroriste demeure réelle. Les groupes armés continuent de mener des attaques ponctuelles et des infiltrations, ciblant parfois des civils. Le président Traoré a lui-même reconnu que si les attaques de grande ampleur sont moins fréquentes, les groupes privilégient désormais « des actions ponctuelles, des infiltrations et des opérations destinées à produire un impact médiatique ».
La bataille de l’information constitue également un front crucial. Le chef de l’État a dénoncé la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations relatives aux mouvements des forces burkinabè, qui peuvent fournir des renseignements aux groupes armés et mettre en danger les militaires. Il a appelé les citoyens à davantage de responsabilité dans l’usage des réseaux sociaux.
La situation sécuritaire du Burkina Faso s’est indéniablement améliorée, comme en témoignent la reconquête territoriale, le retour des déplacés et la transformation de l’armée. Ces progrès demeurent toutefois fragiles et nécessitent une vigilance constante. La lutte contre le terrorisme ne se limite pas au champ militaire : elle implique la consolidation des capacités de défense, le développement d’une industrie militaire nationale, la maîtrise de l’information et la mobilisation de toute la société. Le chemin reste long, mais la trajectoire est désormais claire.
Abdoul K.
