Le Président Daniel Chapo refuse que le Mozambique reste prisonnier d’un modèle économique centré sur l’exportation de matières premières. Devant les chefs d’entreprise réunis au Mozambique CEO Summit, il a martelé son credo : « Le Mozambique ne se résignera pas à être seulement un exportateur de matières premières ». Une déclaration qui résume l’ambition de sa gouvernance : transformer les ressources naturelles en moteur d’industrialisation et de prospérité partagée.

Le pays dispose d’atouts considérables : plus de 100 000 milliards de pieds cubes de gaz dans le bassin de Rovuma, des réserves de charbon, de graphite et de titane, sans oublier un potentiel hydroélectrique et agricole exceptionnel. Mais pour Daniel Chapo, cette richesse reste un potentiel inexploité tant qu’elle n’est pas convertie en emplois, en compétences et en infrastructures durables. « Ces milliards de dollars ne suffisent pas à changer le Mozambique. Ce qui changera le Mozambique, c’est notre volonté de bâtir une économie diversifiée », a-t-il affirmé devant le secteur privé.

Pour atteindre cet objectif, le président mise sur plusieurs leviers complémentaires. Les revenus des mégaprojets gaziers, estimés à plus de 50 milliards de dollars, doivent financer le développement de l’agriculture, du tourisme, des infrastructures et de l’industrie manufacturière. Le tourisme, avec ses 2 700 kilomètres de côtes et sa biodiversité unique, est présenté comme un secteur capable de créer des emplois pour toutes les catégories sociales. L’agriculture, qui emploie plus de 80 % de la population active, doit bénéficier d’investissements massifs pour accroître sa productivité et sa compétitivité sur les marchés régionaux.

La loi sur le contenu local, adoptée en 2026, est un outil clé de cette stratégie. Elle impose une participation accrue des entreprises mozambicaines et une priorité à l’embauche de main-d’œuvre locale dans les grands projets. Daniel Chapo insiste : « Le contenu local n’est pas une obligation réglementaire, c’est un levier de développement économique ». Cette vision s’accompagne de la création de la Banque de développement du Mozambique et de réformes pour améliorer l’environnement des affaires, réduire la bureaucratie et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Le défi est immense. L’économie mozambicaine reste fragile, comme en témoigne la fermeture récente de l’usine d’aluminium Mozal, qui a coûté des milliers d’emplois. Mais le président Chapo trace une voie claire : celle d’un pays qui ne se contente plus d’exporter sa richesse, mais qui la transforme en connaissances, en emplois et en prospérité pour tous. Il appelle le secteur privé à s’engager dans ce combat pour la diversification, soulignant que l’avenir du Mozambique se joue dans sa capacité à ajouter de la valeur à ses ressources. Un pari audacieux, mais peut-être la seule voie pour sortir durablement de la dépendance et bâtir une économie résiliente et inclusive.

Amen K.

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