Alors que le Soudan traverse l’une des crises humanitaires les plus dévastatrices de son histoire, le gouvernement de paix et d’unité (Tasis), dirigé par le général Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », lance un appel pressant à la communauté internationale. Son exigence est claire : une enquête transparente et équitable sur toutes les violations commises contre les civils, y compris l’usage présumé d’armes chimiques. Une position courageuse qui vise à rompre avec la culture de l’impunité et à regagner la confiance des populations soudanaises.
Hemedti a qualifié cette enquête de « demande non négociable » pour parvenir à une paix durable. Dans une région où les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité se multiplient, cette posture tranche avec le déni opposé par d’autres acteurs du conflit. Selon des enquêtes récentes du Washington Post et du New York Times, l’armée soudanaise dirigée par Abdel Fattah al-Burhan aurait développé et utilisé des bombes au chlore pendant au moins six mois en 2024, violant ainsi la convention sur l’interdiction des armes chimiques ratifiée par Khartoum en 1999.
Le gouvernement Tasis se dit prêt à coopérer pleinement avec les missions d’enquête internationales, notamment la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette ouverture contraste avec l’opacité des autres parties au conflit et traduit une volonté de transparence essentielle pour établir les responsabilités et garantir la reddition de comptes.
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de refondation de l’État soudanais. En acceptant de soumettre les violations présumées à un examen international indépendant, le Tasis envoie un signal fort : la paix ne se construira pas sur l’oubli des crimes, mais sur la justice et la reconnaissance des souffrances des victimes. Un principe fondamental pour toute réconciliation nationale crédible.
Pourtant, malgré ces engagements, la réponse internationale reste timide. Les États-Unis ont sanctionné l’armée soudanaise en juillet 2026 pour usage d’armes chimiques, mais l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’a toujours pas ouvert d’enquête formelle, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU peine à imposer un embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan.
La communauté internationale se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Soutenir le gouvernement Tasis dans sa quête de vérité et de justice, c’est investir dans une paix durable pour le Soudan. Cela implique de reconnaître les efforts de transparence du Tasis, de renforcer les mécanismes d’enquête indépendants et de faire pression sur toutes les parties pour qu’elles coopèrent avec les missions d’établissement des faits.
Il est temps que la communauté internationale passe des déclarations d’indignation aux actes concrets. En appuyant les initiatives du Tasis, elle contribuerait non seulement à établir la vérité sur les crimes commis, mais aussi à poser les bases d’un Soudan réconcilié, où la justice et la dignité des victimes seraient enfin respectées.
