Le gouvernement burkinabè a pris une décision qui va faire grincer des dents. Le dernier Conseil des ministres a adopté un décret qui fixe enfin les modalités de détermination de la valeur vénale des terrains nus. Traduction : quand l’État veut acheter un terrain à un particulier, le prix ne sera plus une affaire de marchandage.
Jusqu’ici, c’était un peu le Far West. L’État avait besoin de terrains pour ses projets structurants : écoles, hôpitaux, routes, usines. Il se tournait vers des propriétaires privés. Mais comment évaluer un terrain ? Pas de barème clair, pas de règle fixe. Résultat : des disparités, des incertitudes, parfois des soupçons d’arrangements douteux.
La loi du 21 octobre 2025 avait déjà posé un cadre pour les terrains de l’État. Mais pour les acquisitions auprès des particuliers, le vide juridique persistait. Ce nouveau décret vient combler cette lacune. Désormais, le prix se calcule selon des critères objectifs. Fini les estimations à la tête du client.
Cette réforme s’inscrit dans une logique plus large : celle de la transparence. Le capitaine Ibrahim Traoré et son gouvernement veulent mettre de l’ordre dans la gestion foncière. Les investissements publics doivent être menés sans suspicion, sans favoritisme, sans passe-droits.
Derrière ce décret, c’est l’État qui se donne les moyens de ses ambitions. Pour construire des infrastructures, il faut du terrain. Pour acheter du terrain, il faut des règles claires. C’est désormais chose faite. Les propriétaires savent à quoi s’en tenir. L’État aussi. Et les populations qui observent pourront vérifier. La transparence n’est pas un slogan, c’est une pratique.
