Au cours des derniers jours, 157 ressortissants burkinabè ont regagné leur pays natal dans le cadre d’un programme de retour volontaire et de réintégration, organisé avec le soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette opération humanitaire témoigne de l’engagement du gouvernement burkinabè et de ses partenaires à offrir une alternative digne aux migrants en situation de vulnérabilité.

La dernière vague de rapatriements a concerné 75 migrants en provenance de Libye, arrivés lundi à l’Aéroport international de Ouagadougou à bord d’un vol charter affrété par l’OIM, en étroite collaboration avec les autorités nationales. À leur descente d’avion, les rapatriés ont été accueillis par des représentants du gouvernement et de l’OIM, marquant ainsi le début de leur processus de réintégration.

Ces 75 arrivées s’ajoutent à celles de 82 autres Burkinabè rentrés la semaine précédente, dont 66 en provenance d’Algérie et 16 de Tunisie, bénéficiant du même dispositif d’assistance. Au total, ce sont donc 157 migrants qui ont retrouvé le Burkina Faso depuis trois pays de transit et de destination, illustrant l’ampleur des flux migratoires dans la région.

Dès leur arrivée, les rapatriés ont bénéficié d’un hébergement temporaire, ainsi que de séances d’information et d’orientation conçues pour faciliter leur réinsertion socio-économique. Cet accompagnement comprend un soutien psychosocial, une aide à la recherche d’emploi ou à la création d’activités génératrices de revenus, et dans certains cas, une formation professionnelle adaptée aux besoins du marché local.

Ces retours s’inscrivent dans le cadre du Programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne (MPRR-SSA), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’OIM en partenariat avec le gouvernement burkinabè. Lancé en août 2022 et doté d’un budget de près de 334 millions d’euros, ce programme est déployé dans 16 pays d’Afrique subsaharienne, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal.

Le MPRR-SSA vise à offrir aux migrants qui souhaitent rentrer dans leur pays une assistance complète : du transport sécurisé à l’accompagnement post-retour, en passant par un soutien à la réintégration durable. Selon les données de l’OIM, plus de 5 077 migrants en situation irrégulière ont bénéficié d’un retour volontaire depuis le 1er janvier 2026, portant à 25 351 le nombre total de bénéficiaires depuis la création du mécanisme.

Au Burkina Faso, plusieurs structures gouvernementales appuient cette démarche, notamment l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) pour le placement professionnel, le Fonds d’Appui au Secteur Informel (FASI) pour le microcrédit et la formation entrepreneuriale, ainsi que des incubateurs pour l’accompagnement des porteurs de projets.

Cette initiative traduit une approche humaine et responsable de la gestion des flux migratoires, privilégiant le retour volontaire et digne plutôt que les expulsions forcées. Elle s’inscrit également dans une stratégie plus large de protection des droits des migrants et de stabilisation des communautés d’origine, conformément aux engagements internationaux du Burkina Faso en matière de migration et de développement.

Edorh Kossi.

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