Que ce soit au Rwanda, en République Centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso  ou ailleurs, les exactions commises par l’armée françaises sur le continent Africain, ne sont plus à citer. Mais malgré tout cela, les poursuites judiciaires sont restées vaines.

De prime abord, le Rwanda accuse depuis des années la France de participation au génocide qui a fait environ 800 000 morts en 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi. La commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG) rwandaise avait publié une liste de 22 gradés français à qui elle reproche d’avoir été activement complices du massacre.

Après le génocide de 800.000 Rwandais en 1994, la France s’est trouvée placée au banc des accusés. Pour son manque de réaction d’abord, pour ses relations ambiguës avec le pouvoir génocidaire ensuite, pour les exactions menées par ses soldats lors de l’opération Turquoise enfin. S’ajoutent les témoignages de plusieurs Rwandaises, qui alimentent ce volet. Ces femmes Rwandaises affirment avoir été violées par des militaires français. Sans avoir osé aller en justice, elles corroborent les accusations d’autres Rwandaises qui avaient déjà porté plainte en 2004 devant le Tribunal aux armées de Paris.

Le camp de réfugiés de Nyarushishi cristallise la plupart ces accusations. Situé dans l’extrême sud-ouest du Rwanda, il était placé à l’été 1994 sous la protection des militaires français envoyés dans le cadre de l’opération Turquoise. Des  femmes déplacées tutsies qui se sont confiées sous réserve d’anonymat affirment y avoir été violées à plusieurs reprises par certains de ces hommes censés veiller sur elle.

Trois soldats s’en sont pris à l’une d’entre elle qui témoigne, «Ils m’ont fait les pires choses, je hurlais pour que quelqu’un m’entende. Quand ils sont partis, j’étais presque morte».

En République Centrafricaine, des militaires français étaient accusés de viols sur mineurs de moins de 15 ans en Centrafrique. Le parquet de Paris a ouvert, fin juillet 2014, une enquête sur ces accusations. Une dizaine d’enfants, dont certains étaient âgés de 9 ans, auraient été victimes. Tout comme au Rwanda et ailleurs, les juges d’instruction ordonnent un non-lieu.

De l’autre côté en Afrique de l’Ouest, précisément au Mali, un pays en proie aux violences terroristes, entretenues en grande partie par le France, l’ancien colonisation base sa stratégie sur l’espionnage afin de maintenir ce pays dans une instabilité qui ne dit pas son nom.

De ce fait, le gouvernement malien pointe du doigt la France d’espionnage, de subversion. Les autorités maliennes reprochent  à l’armée française d’avoir violé son espace aérien plus d’une cinquantaine de fois. La justice malienne avait même lancé une enquête sur un charnier présumé à Gossi.

Plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces françaises n’a pas permis de régler, le Mali a connu deux coups d’Etat militaire depuis août 2020. Le gouvernement du Colonel Assimi Goita décide alors de s’attaquer à la racine de tous ces maux. C’est-à-dire, cette présence militaire française. Conduisant ainsi à leur départ.

En même temps, les autorités maliennes ont profité pour saisir le Conseil de sécurité de l’ONU, reprochant à la France de fournir des armes et des renseignements aux groupes djihadistes, à l’origine du sang des milliers de Maliens qui n’ont que trop coulé. Un reproche qui trouve un écho partout sur le continent.

Très vite au Burkina Faso, les autorités du  MPSR, dirigées par Son Excellence Ibrahim Traoré n’ont pas tardé à prendre le taureau par les cornes. Contrainte de procéder à un départ accéléré du Mali au cours de l’été, la France a accepté de réduire encore son empreinte militaire au Sahel, en retirant ses troupes du Burkina dans le délai d’un mois. Dans un contexte où, le sentiment antifrançais gagne du terrain sur le continent.

Toujours au pays des hommes intègres, plusieurs rapports des observateurs, panafricanistes et autres, confirment une nouvelle fois, des exécutions et massacres commises dans le nord du pays, par l’armée française, ainsi que sur les sites d’exploitations de minerais.

Dans certains de ces rapports, des témoignages avaient rapporté qu’une centaine de civils auraient été tués par des djihadistes en présence de l’armée, dans l’extrême nord du Burkina, près des frontières malienne et nigérienne.

Tous ces points relevés dans cet article, démontrent à quel point, la domination de la France sur ses anciennes colonies ou ailleurs sur le continent, depuis la nuit des temps, n’a apporté du malheur sur malheur au peuple Africain. Mais la question qui interpelle est de savoir, pourquoi malgré toutes ces exactions avérées et commises par cette France, celle-ci n’a jamais fait l’objet d’une condamnation quelconque malgré toutes ces procédures judiciaires à son encontre? Pourquoi constatons-nous aucun tapage des médias internationaux sur cette question? Le peuple Africain est-il considéré à l’échelle internationale comme de la chair à canon? Pourquoi le conseil de sécurité de l’ONU ne s’est jamais réuni extraordinairement comme à son habitude, pour statuer sur la France, ses nombreuses exactions, ainsi que le cri de détresse du peuple Africain, qui n’a que trop duré?

Dossier à suivre…

Paul ANDRE

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