La trêve entre Washington et Téhéran n’aura pas tenu longtemps. Donald Trump a annoncé, depuis Ankara, la fin du cessez-le-feu avec l’Iran, qualifiant les négociations de « perte de temps » avec des « menteurs ». Cette déclaration intervient après que les États-Unis ont lancé une série de frappes massives en représailles à des tirs iraniens contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a frappé plus de 80 cibles en Iran, visant des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires et plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien, interdisant toute nouvelle transaction sur les hydrocarbures.
L’Iran n’a pas tardé à riposter. Les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir frappé 85 installations militaires américaines stratégiques au Koweït et à Bahreïn, à l’aide de missiles et de drones, tout en abattant un drone MQ-9. Un membre des Gardiens a perdu la vie à Mahshahr, ville portuaire du sud-ouest du pays. Le ministère iranien des Affaires étrangères avait prévenu qu’il « prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale ».
Le Koweït a fermement condamné ces attaques sur son territoire, estimant qu’elles compromettent les efforts de désescalade régionaux. Le Qatar, médiateur dans les pourparlers entre les deux camps, a également dénoncé les frappes iraniennes et appelé à privilégier la voie du dialogue.
En revanche, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a soutenu les frappes américaines, les jugeant « absolument nécessaires » face à une violation « quasi ouverte » du cessez-le-feu par l’Iran.
Dans ce contexte de tension extrême, le cours du baril de pétrole WTI a bondi de plus de 2,6 % à 72,29 dollars, reflétant les craintes d’une perturbation des approvisionnements dans une région stratégique pour les exportations énergétiques mondiales. Alors que les frappes se multiplient et que les menaces fusent, la communauté internationale retient son souffle, redoutant un embrasement généralisé au Moyen-Orient.
Amen K.
