Lorsqu’il a pris les rênes du Liberia en janvier 2024, le président Joseph Boakai a hérité d’une situation économique alarmante. Les réserves de change étaient non seulement exsangues – tombées à 2,4 millions de dollars, à peine de quoi couvrir deux mois d’importations mais également surestimées de près de 100 % par l’administration précédente . Le pays, exclu du programme de crédit du Fonds monétaire international (FMI) et financièrement isolé, accumulait des arriérés envers ses créanciers internationaux . Face à ce tableau, le chef de l’État a fait de la rigueur budgétaire et de la reconquête de la confiance des partenaires financiers les piliers de sa gouvernance.

Les résultats sont aujourd’hui tangibles. L’assainissement des comptes publics a permis de ramener l’inflation à 4 % fin 2025, son plus bas niveau depuis deux décennies . Les réserves de change sont passées de 475 millions de dollars en 2024 à 576 millions en 2025 . Surtout, le Liberia a renoué avec ses créanciers en apurant les arriérés et en retrouvant l’accès aux financements internationaux . Le FMI a salué cette « gestion macroéconomique prudente » et accordé à Liberia un soutien budgétaire direct sans précédent, avec un décaissement de 12,5 millions de dollars destiné à la santé, à l’éducation et à l’agriculture .

Cette discipline fiscale a ouvert la voie à de nouvelles opportunités. La Banque mondiale a débloqué 40 millions de dollars de budget support et l’Union européenne 60 millions de dollars pour la période 2025-2027 . La Banque africaine de développement a également accordé un prêt de 16,7 millions de dollars pour soutenir le programme de réformes du gouvernement . Le Liberia a par ailleurs obtenu le renouvellement de son éligibilité au Compact du Millennium Challenge Corporation, témoignage de la confiance retrouvée des partenaires internationaux .

En soumettant toutes les institutions clés à des audits inédits et en imposant une discipline budgétaire rigoureuse, le président Boakai a posé les bases d’un État crédible sur la scène financière internationale. Cette crédibilité retrouvée, comme l’a souligné le ministre des Finances Augustine Ngafuan, est la condition du retour des investisseurs et de la croissance durable . Le pari de Boakai est désormais de transformer cette stabilité macroéconomique en amélioration concrète des conditions de vie des Libériens.

Marc Tossou

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