À Gaborone, le président Duma Boko a fait de la refonte du système éducatif l’un des piliers de son mandat. Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, celui qui a mis fin à près de soixante ans de règne du Botswana Democratic Party affiche une ambition claire : préparer la jeunesse botswanaise aux mutations économiques et technologiques du XXIe siècle.

Le chef de l’État ne mâche pas ses mots sur l’urgence de la réforme. S’exprimant lors des Botswana Examinations Council Excellence Awards, il a dénoncé un système scolaire encore ancré dans des méthodes dépassées, incapable de révéler les talents réels des élèves. Comparant le Botswana aux standards internationaux, il a plaidé pour une intégration précoce des compétences numériques dans les cursus, à l’image de pays qui enseignent déjà le codage et l’intelligence artificielle dès le plus jeune âge.

Cette vision, esquissée dès sa campagne de 2024 autour d’une transformation dite « de la quatrième révolution industrielle », s’accompagne d’une volonté d’ouvrir le pays à des partenariats académiques et scientifiques de haut niveau. En juin dernier, un mémorandum de coopération a été signé entre Gaborone et l’université hongroise Semmelweis, référence internationale en sciences médicales. L’accord, paraphé par Duma Boko et le recteur Béla Merkely, prévoit des programmes d’échanges pour enseignants, chercheurs et étudiants, ainsi que des projets conjoints de recherche. Les doctorants botswanais pourront notamment intégrer des travaux scientifiques communs pour appuyer la préparation de leurs thèses, tandis que le partage de ressources pédagogiques doit renforcer les capacités locales en formation médicale et scientifique.

Pour un pays doté du troisième PIB par habitant le plus élevé d’Afrique australe, l’enjeu dépasse la seule salle de classe : il s’agit de bâtir une élite scientifique et médicale capable de réduire la dépendance aux formations à l’étranger et d’ancrer durablement la recherche sur le sol botswanais. La stratégie s’inscrit dans une logique plus large de diversification économique, portée par un gouvernement qui revendique une gouvernance fondée sur la donnée, la transparence et la rupture avec les pratiques de l’ère précédente.

Reste à transformer l’ambition présidentielle en résultats mesurables : la réforme des programmes scolaires et la montée en puissance des filières scientifiques prendront du temps à porter leurs fruits. Mais le signal envoyé est sans ambiguïté pour le Président Duma Boko, l’avenir du Botswana se joue d’abord sur les bancs de l’école.

Ricko A.

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