La justice tchadienne a tranché. Mercredi 9 septembre, au terme de onze journées d’audience, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djaména a rendu son verdict dans le dossier impliquant l’ancien chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine. Ce dernier a écopé de quinze années d’emprisonnement, assorties du versement de trente millions de francs CFA à chacune des familles des victimes.
Trois autres prévenus, jugés aux côtés de l’accusé principal, ont été condamnés à dix ans de réclusion. Les magistrats ont retenu des circonstances atténuantes en leur faveur.
Poursuivi pour assassinat, torture, séquestration, enlèvement et viol, le général Koumtamadji Martin, plus connu sous le nom d’Abdoulaye Miskine, a dirigé par le passé la garde présidentielle centrafricaine. Il est incarcéré depuis 2019 à la maison d’arrêt de Klessoum.
Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis entre 2002 et 2003, dans les zones frontalières séparant le Tchad de la République centrafricaine, particulièrement aux abords de Tissi, Batangafo et Kabo.
Lors de l’audience du 4 septembre, le ministère public avait requis une peine de trente ans de prison à l’encontre d’Abdoulaye Miskine, et de dix ans pour ses trois coaccusés. Ces derniers répondaient de création ou de participation à un mouvement insurrectionnel, ainsi que de faits présumés d’assassinat, de torture, de séquestration et de viol, dont auraient été victimes des membres de communautés tchadiennes.
De son côté, la défense avait contesté la compétence des juridictions tchadiennes pour connaître de cette affaire. Elle avait également invoqué la prescription des faits poursuivis, plaidant en faveur d’une relaxe pure et simple des accusés.
