RÉPUBLIQUE DU SOUDAN
MINISTÈRE DE LA SANTÉ – GOUVERNEMENT DE TRANSITION POUR LA PAIX
RAPPORT DE PERFORMANCE DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ
De l’établissement institutionnel à l’expansion des services de santé et à la réponse d’urgence
Premier semestre 2026
Élaboré par : Ministère de la Santé – Gouvernement de transition pour la paix
- CADRE GÉNÉRAL ET DÉBUT DES OPÉRATIONS INSTITUTIONNELLES
À la suite de l’annonce de l’Alliance fondatrice du Soudan dans la ville de Nyala, le 26 juin 2025, les travaux du secteur de la santé ont débuté progressivement par des visites de terrain dans un certain nombre d’établissements de santé à Nyala, notamment l’hôpital universitaire de Nyala, l’hôpital turc et l’hôpital spécialisé, en plus de la coordination avec les autorités sanitaires dans les zones relevant de la compétence du Gouvernement de la paix.
Le 8 septembre 2025, le Dr Alaa El-Din Awad Naqd a été nommé ministre de la Santé au sein du Gouvernement de transition pour la paix, marquant une nouvelle phase de travail institutionnel visant à unifier les efforts du secteur de la santé, à coordonner la réponse d’urgence et à renforcer la coopération avec les organisations et agences internationales opérant dans le domaine de la santé.
La phase de mise en place a été consacrée à l’élaboration de mécanismes de coordination, à la documentation des effectifs du secteur de la santé, à l’évaluation des dommages causés aux établissements et infrastructures de santé, ainsi qu’à la définition de priorités urgentes pour répondre aux besoins sanitaires découlant des conditions de guerre.
- CONSTRUCTION DU SYSTÈME DE COORDINATION SANITAIRE
Dans le cadre des efforts visant à unifier les activités du secteur de la santé, une salle de coordination des opérations conjointes a été créée, réunissant les autorités sanitaires des différentes zones relevant du Gouvernement de la paix. Son objectif était de coordonner les politiques et programmes de santé et de faciliter l’échange d’informations et de fournitures médicales en fonction des besoins et des priorités.
Le Ministère a également commencé à :
- Documenter les ressources humaines et les effectifs du secteur de la santé.
- Évaluer les dommages causés aux établissements et infrastructures de santé.
- Identifier les besoins urgents en médicaments et fournitures médicales.
- Surveiller les urgences sanitaires et les flambées épidémiques.
- Coordonner les autorités sanitaires des différentes zones.
- Suivre les subventions et dons fournis par les organisations et agences internationales.
- Établir une base de données d’informations sanitaires pour appuyer la planification de la phase suivante.
Ce processus représente une étape essentielle vers le passage de la réponse d’urgence à l’élaboration d’un système de santé plus organisé et mieux coordonné.
III. RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION AVEC LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES
Le 9 juillet 2025, le Ministère de la Santé a tenu des réunions avec des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à Nyala. Les réunions ont porté sur la situation sanitaire durant la nouvelle phase et sur les défis auxquels le secteur est confronté, notamment les pénuries de médicaments et de fournitures médicales, la réponse d’urgence et les efforts de prévention et de lutte contre les flambées de choléra.
Les réunions ont également examiné les mécanismes d’acheminement des vaccins contre le choléra et des fournitures de vaccination via le Tchad afin de soutenir les efforts de riposte sanitaire dans les zones touchées.
Au cours de la période suivante, le Ministère a poursuivi son travail avec les organisations internationales et régionales par le biais de réunions directes et de communications virtuelles, dans le but d’élargir le soutien sanitaire et de veiller à ce que l’aide soit orientée en fonction des besoins réels.
- PERSONNES BLESSÉES ET RÉADAPTATION MÉDICALE
Le Ministère a accordé une attention particulière à la question des personnes blessées. Le 11 juillet 2025, il a tenu une réunion avec le Comité des personnes blessées afin d’évaluer les conditions de traitement et les besoins médicaux.
Le Ministère a également préparé une proposition pour un atelier spécialisé visant à discuter :
- Des protocoles de traitement des personnes blessées.
- Du développement des mécanismes de soins médicaux.
- De la réponse aux défis affectant le traitement.
- De l’établissement d’un mécanisme organisé pour l’orientation des cas nécessitant un traitement à l’étranger.
- De l’amélioration de la coordination entre les établissements de santé et les autorités compétentes.
La proposition a été soumise aux autorités compétentes ; toutefois, l’atelier n’a pas été mis en œuvre au cours de la période couverte par le présent rapport.
Le 9 octobre 2025, le Ministère a visité le Centre de prothèses de Nyala afin d’évaluer les besoins du centre et les défis auxquels il est confronté, et d’explorer les moyens de renforcer son rôle dans la réadaptation et le suivi des personnes blessées.
- RÉPONSE AUX ÉPIDÉMIES ET AUX URGENCES SANITAIRES
La lutte contre les maladies et la réponse aux épidémies ont été parmi les principales priorités du Ministère au cours de la période considérée, en particulier compte tenu des conditions humanitaires et sanitaires complexes créées par la guerre.
Dans ce contexte, le Ministère a supervisé la campagne de vaccination contre le choléra au Darfour du Sud, qui a débuté sous la supervision du Ministère de la Santé – Gouvernement de la paix. Le ministre de la Santé a administré la première dose du vaccin le 21 septembre 2025.
Le 28 septembre 2025, des activités de soutien à la médecine préventive et de renforcement des efforts en matière de santé environnementale ont également été lancées.
Le 25 octobre 2025, le Ministère a tenu sa première conférence de presse à Nyala, au cours de laquelle il a passé en revue les efforts de lutte contre le choléra et les indicateurs montrant un recul de la flambée dans les zones couvertes par la riposte sanitaire. Le Ministère a également annoncé l’apparition de cas de dengue dans l’État du Darfour du Sud, constituant un nouveau défi sanitaire nécessitant des mesures préventives et thérapeutiques.
- INDICATEURS DE PERFORMANCE SANITAIRE – PREMIER SEMESTRE 2026
- Élargissement de la couverture vaccinale
Selon les données du Ministère de la Santé, au cours du premier semestre 2026, plus de deux millions d’enfants privés de services de vaccination au cours des trois années précédentes ont été vaccinés.
Ce chiffre constitue un indicateur important de l’expansion des campagnes de vaccination et de la capacité du Ministère à atteindre les populations dont les services de santé avaient été affectés par la guerre et la perturbation de nombreux programmes de santé préventive.
- Amélioration des indicateurs de lutte contre les épidémies
Le Ministère a continué de renforcer les capacités de riposte aux épidémies en coordonnant les opérations d’approvisionnement médical entre les différentes zones, en coopérant avec les organisations internationales et en soutenant les centres d’isolement et de réponse rapide.
Darfour du Sud
Selon les données du Ministère, les cas de choléra ont considérablement diminué. Plus de 300 cas avaient été enregistrés au cours de la période correspondante de 2025, contre 3 cas selon les données actuelles rapportées par le Ministère.
Le Ministère considère ce recul comme un indicateur important de l’amélioration de la riposte épidémique, tout en soulignant la nécessité continue de la surveillance, de la prévention et de l’intervention précoce.
Kordofan occidental
Le Ministère a rapporté que la flambée de choléra qui avait débuté le 13 mai 2026 a connu un recul significatif, certains centres d’isolement ne signalant aucun cas.
Les données du Ministère indiquent également une amélioration des indicateurs de mortalité liée aux épidémies par rapport à la période correspondante de l’année précédente, malgré le nombre limité d’organisations opérant dans l’État, que le Ministère estime à trois organisations.
Kordofan septentrional
Selon le rapport du Ministère, les autorités sanitaires ont réussi à contenir la flambée de choléra tout en mobilisant les fournitures médicales et en améliorant les efforts de riposte dans les zones touchées.
Les données du Ministère indiquent une amélioration des indicateurs de mortalité liée aux épidémies, avec un taux d’environ 5 %, selon l’indicateur cité dans le rapport.
Note de la rédaction : Les pourcentages contenus dans les données originales, en particulier les indicateurs de « létalité » cités pour le Kordofan occidental et le Kordofan septentrional, nécessitent une définition statistique claire et un examen technique avant d’être publiés comme indicateurs épidémiologiques officiels. Cela est nécessaire pour éviter toute confusion entre le pourcentage de cas, le pourcentage de décès et le taux de létalité.
VII. STABILISATION DES SERVICES MÉDICAUX ET RÉOUVERTURE DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ
Selon l’évaluation du Ministère, le secteur des soins curatifs a connu une amélioration de la continuité des opérations dans un certain nombre de grands établissements de santé.
Les principaux indicateurs incluent :
- La poursuite des activités de l’hôpital universitaire de Nyala.
- La réouverture de l’hôpital spécialisé de Nyala après une période de suspension.
- La réorganisation de l’administration de l’hôpital spécialisé et la fourniture de certains engagements financiers nécessaires à la reprise des services.
- La réouverture d’un certain nombre d’établissements de santé à El Fasher.
- La reprise des activités de l’hôpital saoudien et de l’hôpital pour enfants d’El Fasher.
- L’ouverture du service des urgences de l’hôpital universitaire d’El Fasher le 10 janvier 2026.
- La poursuite des activités de l’hôpital universitaire d’El Geneina, avec des travaux de maintenance réalisés en coopération avec des organisations.
- La poursuite des services médicaux dans un certain nombre d’autres établissements de santé malgré les dommages causés aux infrastructures sanitaires.
Le Ministère souligne que ces services ont perduré malgré des défis financiers majeurs et des pénuries de ressources. Selon le Ministère, il n’avait pas reçu de budget de fonctionnement gouvernemental dédié à la date du présent rapport, tandis que des budgets sanitaires indépendants adéquats étaient également indisponibles dans un certain nombre d’administrations sanitaires civiles à travers différentes zones.
VIII. RÉTABLISSEMENT DES SERVICES DE SANTÉ À EL FASHER
À la suite de la reprise des activités civiles et de service public à El Fasher, une délégation du Conseil présidentiel et du Ministère de la Santé – Gouvernement de transition pour la paix a participé aux efforts de réorganisation du secteur de la santé de la ville.
Ces mesures comprenaient :
- La réouverture d’un certain nombre d’hôpitaux.
- La réorganisation de l’administration sanitaire au Darfour du Nord.
- Le soutien à l’hôpital pour enfants.
- Le soutien à l’hôpital saoudien.
- L’ouverture du service des urgences de l’hôpital universitaire d’El Fasher.
- La coordination avec les organisations opérant dans le secteur de la santé.
Le Ministère considère le rétablissement des services de santé à El Fasher comme faisant partie d’un processus plus large de reconstruction des institutions civiles et de service public.
- PRÉVENTION ET SANTÉ ENVIRONNEMENTALE
Le Ministère a placé la santé environnementale et la médecine préventive parmi ses priorités. En coordination avec les services de santé environnementale et les autorités locales de Nyala, il a commencé à élaborer un plan intégré d’assainissement et d’amélioration de l’environnement sanitaire.
Toutefois, le plan a été confronté à un défi majeur en raison d’un financement insuffisant pour sa mise en œuvre, l’empêchant d’être exécuté comme initialement prévu.
Le Ministère considère l’amélioration de la santé environnementale et de l’assainissement public comme la première ligne de défense contre de nombreuses maladies transmissibles. Ces domaines resteront donc parmi ses priorités au cours de la phase suivante.
- PARTENARIATS INTERNATIONAUX ET SOUTIEN HUMANITAIRE
Le Ministère a poursuivi le développement de relations de coopération avec les organisations internationales et régionales.
Le 9 octobre 2025, le Ministère a tenu une réunion avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au cours de laquelle il a présenté sa stratégie sanitaire globale et discuté des domaines de coopération pour la phase suivante.
Le Ministère a également envoyé des lettres de présentation et des évaluations des besoins à un certain nombre d’organisations et agences internationales, notamment :
- L’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
- Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
- Les organisations humanitaires travaillant dans le secteur de la santé.
- Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
La correspondance présentait le Ministère de la Santé du Gouvernement de la paix, exposait la stratégie sanitaire 2026 et décrivait les besoins urgents et les interventions requises.
Le Ministère indique que la coordination avec les organisations internationales s’est élargie ces derniers mois, parallèlement à des réunions d’évaluation régulières et au suivi de la mise en œuvre des programmes.
- GESTION DES APPROVISIONNEMENTS ET COORDINATION ENTRE LES ZONES
Le Ministère s’est employé à élaborer un mécanisme de circulation des fournitures médicales entre les différentes zones en fonction des besoins sanitaires et des flambées épidémiques prévalentes.
Selon l’évaluation du Ministère, cette coordination a permis d’orienter les ressources disponibles vers les zones les plus nécessiteuses et de soutenir les réponses au choléra, à la rougeole et à d’autres maladies épidémiques.
Les autorités sanitaires des différentes zones sont également devenues partie intégrante d’un mécanisme de coordination régulier avec le Ministère, permettant le partage d’informations et l’alignement des priorités sanitaires.
XII. PRINCIPAUX DÉFIS
Malgré les améliorations enregistrées par le Ministère sur un certain nombre d’indicateurs, le secteur de la santé continue de faire face à des défis importants, notamment :
Premièrement : L’absence de financement gouvernemental direct suffisant pour les programmes du Ministère.
Deuxièmement : Les dommages causés à un certain nombre d’établissements et infrastructures de santé.
Troisièmement : Les pénuries de médicaments, de fournitures médicales et d’équipements.
Quatrièmement : Les ressources humaines limitées dans certaines zones.
Cinquièmement : Les difficultés d’accès à certaines zones en raison des conditions de sécurité et logistiques.
Sixièmement : La nécessité de financer les programmes de santé environnementale et d’assainissement public.
Septièmement : La nécessité de développer un système unifié de données et de statistiques sanitaires.
Huitièmement : Le besoin continu d’un soutien international accru dans la réponse d’urgence, la vaccination, la nutrition, la santé maternelle et infantile et la réhabilitation hospitalière.
XIII. ÉVALUATION GLOBALE
La performance du Ministère de la Santé au cours de la phase de mise en place et du premier semestre 2026 peut être résumée en cinq grands domaines :
- Construction institutionnelle
Établissement de mécanismes de coordination et connexion des administrations sanitaires des différentes zones dans un cadre opérationnel commun.
- Lutte contre les épidémies
Expansion des campagnes de vaccination et renforcement des réponses au choléra, à la rougeole et à d’autres épidémies, avec des indicateurs de recul des flambées enregistrés dans un certain nombre de zones.
- Rétablissement des services
Réouverture et développement d’un certain nombre d’hôpitaux et d’établissements de santé, notamment à Nyala, El Fasher et El Geneina.
- Partenariats internationaux
Élargissement de la coopération avec les organisations internationales et humanitaires et obtention d’interventions sanitaires et de fournitures médicales dans les limites des ressources disponibles.
- Réponse humanitaire
Mobilisation de convois médicaux et alimentaires, soutien aux personnes blessées et réponse aux urgences sanitaires et aux catastrophes dans les zones touchées.
XIV. PRIORITÉS PROPOSÉES POUR LA PHASE SUIVANTE
Au cours de la phase suivante, le Ministère de la Santé se concentrera sur un certain nombre de priorités, parmi lesquelles :
- Obtenir un budget de fonctionnement stable pour le secteur de la santé.
- Réhabiliter les hôpitaux et centres de santé endommagés.
- Achever les programmes de vaccination et atteindre les enfants non vaccinés.
- Établir un système d’alerte précoce et de riposte aux épidémies plus efficace.
- Développer le système pharmaceutique et d’approvisionnement médical.
- Renforcer les services de santé maternelle et infantile.
- Développer les services d’urgence et d’ambulance.
- Soutenir les programmes de santé mentale et de réadaptation.
- Développer le Centre de prothèses et les services de réadaptation.
- Mettre en œuvre les programmes de santé environnementale et d’assainissement public.
- Renforcer la base de données sanitaires et les statistiques sanitaires officielles.
- Élargir les partenariats avec les organisations internationales et régionales.
- Améliorer la coordination entre le Ministère et les administrations sanitaires locales.
Le premier semestre 2026 représente une phase importante dans le développement du Ministère de la Santé – Gouvernement de transition pour la paix, non seulement en termes de nombre de programmes et d’activités mis en œuvre, mais aussi en termes de transition progressive de la réponse sanitaire d’urgence vers le développement d’un système institutionnel de coordination, de planification et de réponse.
Les indicateurs liés à la vaccination, au recul de plusieurs épidémies, à la poursuite des activités et à la réouverture des établissements de santé, ainsi qu’à l’élargissement de la coopération avec les organisations internationales, démontrent que le secteur de la santé a réalisé des progrès tangibles malgré des circonstances exceptionnelles et des ressources limitées.
En même temps, le maintien de ces résultats reste tributaire de l’obtention de financements, de la réhabilitation des infrastructures, du soutien au personnel de santé, de l’amélioration des fournitures médicales et du renforcement des partenariats humanitaires et de développement.
Le Ministère de la Santé souligne que la phase suivante se concentrera sur la consolidation des progrès réalisés, la résolution des lacunes existantes, l’élargissement de la portée des services et la construction d’un système de santé plus capable de répondre aux urgences et plus étroitement aligné sur les besoins du peuple soudanais.
MINISTÈRE DE LA SANTÉ – GOUVERNEMENT DE TRANSITION POUR LA PAIX
RAPPORT DE PERFORMANCE – PREMIER SEMESTRE 2026
