Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la reconstruction de ses territoires meurtris. Ce lundi 18 mai 2026, le gouvernement a officiellement lancé une opération nationale de distribution de kits de production agricole aux populations retournées, sous le slogan porteur « Un village réinstallé, un motoculteur ». La cérémonie inaugurale s’est tenue dans un village réinstallé de Kaya, en présence d’un parterre d’autorités gouvernementales, administratives, coutumières et religieuses, témoignant de la dimension nationale et symbolique de l’événement.
C’est le ministre de la Solidarité et de la Famille, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie, qui a présidé le lancement officiel de cette initiative. Sa présence à la tête de la cérémonie illustre la nature profondément sociale de cette opération, qui se situe au carrefour de la solidarité nationale, de la reconstruction communautaire et du redressement économique des zones longtemps fragilisées par l’insécurité. Un acte gouvernemental fort, posé au cœur même des territoires en cours de réhabilitation.
L’ampleur de l’opération est à la mesure des besoins. Ce sont plus de 13 000 ménages retournés, représentant une population estimée à plus de 100 000 personnes, qui bénéficieront gratuitement de ces kits de production agricole. Répartis dans 14 régions du pays, ces ménages recevront des semences améliorées et des engrais minéraux, des intrants essentiels pour relancer rapidement une production vivrière capable de couvrir leurs besoins alimentaires de base dès la prochaine saison.
Le motoculteur, pièce maîtresse du dispositif, occupe une place centrale dans la philosophie de cette initiative. En dotant chaque village réinstallé d’un tel équipement, l’État burkinabè offre aux communautés un outil de mécanisation agricole qui démultiplie leur capacité de production et réduit la pénibilité du travail. Au-delà de l’aspect matériel, ce geste symbolise la confiance de l’État dans la capacité des populations à rebâtir leurs moyens de subsistance et à redevenir actrices de leur propre développement.
Cette opération s’inscrit dans une vision globale de résilience et de réconciliation territoriale. En accompagnant le retour des déplacés non seulement par des infrastructures, mais aussi par des outils concrets de relance économique, le gouvernement burkinabè envoie un message clair : la reconquête des territoires ne s’arrête pas au volet sécuritaire. Elle passe aussi, et surtout, par la restauration de la dignité, de l’autonomie et de la vie normale des communautés qui ont tout perdu, et qui méritent tous les moyens pour tout reconstruire.
