À peine intronisé, le président béninois Romuald Wadagni sillonne les capitales ouest-africaines pour rencontrer ses homologues. Après une escale à Abuja chez Bola Tinubu et une autre à Niamey auprès du général Abdourahamane Tiani, le chef de l’État béninois pose son avion ce mardi après-midi à Ouagadougou. Il y sera reçu par le capitaine Ibrahim Traoré, une visite qui s’annonce déterminante pour les relations bilatérales entre les deux pays voisins.
Âgé de 49 ans, l’ancien ministre des Finances du Bénin a pris ses quartiers à la présidence il y a tout juste une semaine, après avoir remporté l’élection du 12 avril avec plus de 94 % des voix. Cet économiste de formation, qui a passé une décennie à réformer les comptes de son pays, n’a pas perdu de temps : il a immédiatement entrepris de rencontrer ses pairs de la sous-région pour poser les bases de sa politique étrangère. La visite à Ouagadougou est la troisième étape d’une tournée marathon qui l’a déjà conduit au Nigeria et au Niger.
Les discussions entre les deux chefs d’État devraient couvrir plusieurs domaines sensibles. La sécurité en tête, bien sûr, avec la menace jihadiste qui rode aux frontières nord du Bénin et du Burkina Faso, deux pays qui partagent une même fragilité face aux groupes armés. Les échanges commerciaux et le développement économique figurent également au menu, le Bénin étant l’un des principaux partenaires du Burkina pour ses importations via le port de Cotonou. Les deux hommes évoqueront sans doute aussi la coopération énergétique et les projets d’infrastructures communes.
Ce déplacement du nouveau président béninois intervient à un moment où les relations entre États ouest-africains se recomposent, avec d’un côté les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui ont tourné le dos à la CEDEAO, et de l’autre les États restés dans l’organisation régionale.
En venant à Ouagadougou, Romuald Wadagni montre qu’il entend maintenir un dialogue étroit avec son voisin burkinabè, quoi qu’il arrive sur le plan institutionnel. Un geste apprécié par le capitaine Traoré, qui voit dans cette visite une marque de considération et de respect mutuel.
