Sécurité aérienne

Le ciel européen reste fermé à de nombreux transporteurs africains. La Commission européenne a publié le 9 juin une nouvelle mise à jour de sa liste noire aérienne, reconduisant l’exclusion de plusieurs compagnies du continent, jugées insuffisamment conformes aux standards de sécurité exigés pour opérer dans l’espace aérien des Vingt-Sept.

Ce verdict périodique n’est pas qu’une formalité administrative. Il met en lumière des lacunes structurelles persistantes dans la supervision réglementaire de l’aviation civile dans plusieurs pays africains, où les autorités nationales peinent encore à garantir le niveau de contrôle attendu par les instances internationales.

Les chiffres donnent le vertige. Selon le rapport 2025 de l’IATA, le risque d’accident aérien sur le continent est près de huit fois supérieur à la moyenne mondiale. Un écart abyssal, qui place l’Afrique subsaharienne en queue de peloton des performances sécuritaires à l’échelle planétaire, malgré des progrès notables enregistrés ces dernières années par rapport à la moyenne de la décennie écoulée.

Ces statistiques ne reflètent pas une fatalité, mais davantage le cumul de déficits bien identifiés : sous-financement des autorités de l’aviation civile, vieillissement des flottes, insuffisance des programmes de formation et faiblesse des mécanismes d’inspection technique dans certains pays.

L’enjeu va bien au-delà de l’accès au marché européen. Une aviation africaine sûre et compétitive est une condition sine qua non du désenclavement du continent, de son intégration économique et du développement d’un tourisme régional à la hauteur de ses potentialités. Le chemin est long, mais les signaux d’amélioration, même timides, méritent d’être encouragés plutôt qu’ignorés.

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