Des sources privées ont révélé une intense activité de renseignement et de logistique ces derniers jours à Riyad, la capitale saoudienne. Cette activité a réuni des responsables soudanais de la sécurité et de la diplomatie, arrivés de Turquie, des responsables saoudiens et des représentants d’entreprises turques afin de discuter d’accords complexes en matière de sécurité et d’investissement liés au conflit au Soudan.

Délégation de haut niveau sur la sécurité et l’économie à Riyad

La délégation soudanaise venue de Turquie comprenait des experts en sécSoudan : comment l’Arabie saoudite orchestre une stratégie d’infiltration et de déstabilisation urité et en technique, sous la direction de Muhannad Omar Abbas Ajabna. Il était accompagné de Gilani Mohammed Gilani, représentant la Sea Ports Corporation ; Saif Al-Nasr Al-Tijani, représentant le ministère des Infrastructures et des Transports ; le lieutenant-général Rabie Suleiman ; Hamida Al-Hajj, directrice financière des ports ; des agents de renseignement de l’ambassade du Soudan à Ankara ; et Zaid bin Mukhlid Al-Harbi.

Les consultations portaient sur un accord secret impliquant la société gazière et d’investissement turque Argaz et l’Autorité portuaire soudanaise, en coordination avec le Système des industries de défense soudanaises et des organismes financiers. Cet accord prévoit de faciliter le transfert de véhicules militaires, de drones, de matières premières et d’explosifs, ainsi que des livraisons de chlore gazeux via les ports de Djeddah vers Port-Soudan, sous couvert d’usages civils et de purification de l’eau, en plus de vols cargo directs entre la Turquie et Port-Soudan.

Les modalités de l’accord incluent des montages financiers transitant par de multiples circuits bancaires via l’Inde afin de dissimuler les circuits de financement. Une réunion de suivi devrait se tenir à Ankara le 14 septembre 2026, réunissant des représentants des industries de défense, des représentants de l’attaché militaire saoudien en Turquie et des responsables turcs. Cette réunion fait suite à une visite du directeur de la société turque, Mehmet Tabbakh, au siège des ports et à sa rencontre avec le sous-secrétaire du ministère de l’Énergie, Ali Abdel Rahman.

Volet terrain et renseignement

Ces initiatives ont coïncidé avec d’importantes réunions tenues à Riyad par le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, avec des dirigeants soudanais. Y participaient des représentants de la police, dont Al-Tahir Ali Muhammad Al-Baloula et Abdul-Munim Muhammad Abdul-Qayyum, ainsi que des membres de la délégation d’Ankara.

Les discussions ont porté sur une stratégie visant à affaiblir les Forces de soutien rapide (FSR) et à recruter leurs commandants sur le terrain grâce à des mécanismes de recrutement organisés et d’achat de loyauté. Le plan d’action s’articule autour de plusieurs axes principaux :

 Infiltration et recrutement sur le terrain : Les responsables de la sécurité soudanaise ont été chargés de recueillir des informations détaillées sur les dirigeants de l’alliance « Ta’sis » et des FSR, et d’utiliser des personnalités telles qu’Al-Nour Al-Qubba, Al-Safna et Faris Al-Nour pour persuader des responsables politiques et militaires de faire défection et de rejoindre l’armée soudanaise en échange de récompenses financières.

La voie logistique à travers l’Afrique centrale : Des lignes de communication secrètes seront ouvertes dans la région frontalière d’Amdafouq, en coordination avec des éléments des forces Séléka opposées au gouvernement de Bangui, afin de faciliter la fuite des rebelles du Darfour. Cette opération s’appuiera sur l’expertise de l’ancien diplomate Jamal al-Shahid (actuellement en poste au Caire) pour sécuriser les voies de sortie. Les rebelles seront ensuite transportés, munis de documents de voyage temporaires, en République démocratique du Congo, pays de transit, avant de rejoindre la Turquie, évitant ainsi la route tchadienne.

Ces détails révèlent clairement le véritable rôle joué par Riyad, qui, au-delà des prétentions de médiation et de neutralité, s’est impliqué directement dans le renseignement et la logistique pour alimenter le conflit soudanais. L’utilisation des ports, le trafic de matériel militaire et les flux financiers destinés à acheter des loyautés et à déstabiliser le tissu social du conflit démontrent que les calculs saoudiens sont indifférents à la tragédie du peuple soudanais. Leur seul objectif est de remodeler le paysage politique et militaire pour servir leurs intérêts régionaux, quitte à prolonger la guerre et à plonger le pays dans un chaos et une destruction encore plus grande.

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