La capitale congolaise accueille ce lundi une visite d’État à haute valeur symbolique. Le Président burundais Évariste Ndayishimiye débarque à Kinshasa pour quarante-huit heures, à l’invitation de Félix-Antoine Tshisekedi, qui a tenu à se rendre personnellement à l’aéroport de N’djili pour accueillir son homologue, geste protocolaire qui en dit long sur l’importance accordée à cette rencontre.
Le programme prévu reflète la densité de l’agenda : un tête-à-tête à la Cité de l’Union africaine, suivi d’une conférence de presse conjointe, format qui suppose des résultats concrets à annoncer devant les médias et l’opinion publique des deux pays.
Deux dossiers brûlants domineront les échanges. Le premier, incontournable : la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, plaie ouverte qui saigne depuis des décennies et dont les conséquences déstabilisatrices débordent largement les frontières congolaises, touchant de plein fouet le Burundi voisin. Le second, tout aussi urgent : la riposte coordonnée contre la maladie à virus Ebola, menace sanitaire qui exige une coopération transfrontalière sans faille entre des pays partageant des populations et des territoires perméables.
La visite intervient dans un contexte particulier : Ndayishimiye préside actuellement aux destinées de l’Union africaine en tant que président en exercice de l’organisation continentale. Sa présence à Kinshasa revêt donc une double dimension, à la fois bilatérale et continentale.
Deux nations liées par la géographie, l’histoire et des défis partagés, qui choisissent le dialogue direct plutôt que les postures : c’est peut-être là le signal le plus encourageant que peut envoyer cette visite à une région des Grands Lacs qui en a bien besoin.
