Le Président du Faso, camarade capitaine Ibrahim Traoré, a insisté tout récemment sur l’importance d’expliquer aux jeunes les causes profondes des attaques que subit le pays. Lors d’échanges avec la hiérarchie militaire, il a souligné que sans une connaissance partagée de l’histoire et des enjeux locaux, la population reste vulnérable aux stratégies d’ingérence et de prédation. « Nous ne sommes pas pauvres, seulement nous sommes ignorants de ce qui se trouve sur notre sol et dans notre environnement », a-t-il rappelé.
Pour le Président Ibrahim Traoré, l’impérialisme ne s’exerce pas seulement par la force militaire visible, mais aussi par des mécanismes politiques et économiques destinés à contrôler les ressources naturelles et à maintenir des sociétés dans une instabilité durable. Cette stratégie, selon lui, repose sur la désinformation, la manipulation des discours et l’exploitation des divisions internes. En favorisant une situation de guerre permanente, les puissances externes préservent des zones d’influence et garantissent l’accès privilégié aux richesses du territoire.
Le chef de l’État met donc la transmission intergénérationnelle des savoirs au centre de la défense nationale. Il demande aux cadres militaires et aux institutions éducatives de mieux contextualiser les conflits, d’expliquer les intérêts en présence et de rappeler les raisons historiques du combat mené par le pays. Cette pédagogie vise à réduire la vulnérabilité psychologique des jeunes face aux récits qui stigmatisent ou encouragent la lutte fratricide.
La remarque du Président du Faso sur la richesse du sol burkinabè souligne une contradiction criante : des ressources abondantes peuvent coexister avec des populations appauvries si les mécanismes de gouvernance et de redistribution demeurent captifs d’intérêts extérieurs ou d’élites prédatrices. Combattre cette dynamique suppose des politiques publiques claires, une meilleure transparence sur l’exploitation des ressources et une appropriation nationale des projets de développement.
Néanmoins, l’appel à l’éducation politique et historique pose aussi des défis institutionnels. Qui détermine les récits enseignés ? Comment éviter que cette pédagogie ne bascule vers une instrumentalisation patriotique exclusive ? Experts, enseignants, médias et société civile devront collaborer pour construire une histoire partagée, critique et ouverte, qui arme la jeunesse sans étouffer le débat démocratique.
La proposition de Traoré est double : renforcer la résilience culturelle et informationnelle face aux attaques extérieures, et repenser la gestion des ressources pour que la richesse du sol profite effectivement aux populations. La connaissance, selon lui, est une arme stratégique dans la lutte pour la souveraineté et la stabilité du pays.
Amen K.
