Le gouvernement sierra-léonais élabore une feuille de route pour contrer la fraude liée aux services financiers mobiles, a annoncé mardi 18 août le ministère de la Communication, des Technologies et de l’Innovation. Cette initiative intervient alors que le mobile money s’impose comme un canal essentiel des transactions financières dans le pays, exposant les utilisateurs à des risques croissants.
Un atelier consultatif national de deux jours, réunissant la Banque de Sierra Leone, l’Autorité nationale des communications, les opérateurs télécoms et de mobile money, ainsi que les services de cybersécurité, le secteur privé et la société civile, s’est tenu les 18 et 19 août. L’objectif est de définir des mécanismes de prévention et de réponse face aux fraudes numériques.
Cette initiative fait suite aux préoccupations exprimées plus tôt ce mois-ci par le Parlement, qui a appelé les autorités et les opérateurs télécoms à renforcer la lutte contre la fraude financière numérique, particulièrement via le réseau Orange. Les députés ont exigé des mesures concrètes pour protéger les consommateurs et restaurer leur confiance dans les services financiers numériques.
La ministre de la Communication, Salima Bah, a souligné la sophistication croissante des crimes financiers numériques. Les fraudeurs utilisent désormais de faux comptes WhatsApp, des profils de réseaux sociaux clonés et des techniques d’usurpation d’identité pour tromper les citoyens, se faisant souvent passer pour des ministres, des députés, des responsables publics ou des proches en difficulté. Les arnaques les plus courantes incluent les faux agents du service client, les fausses opportunités d’investissement, les liens d’hameçonnage et les demandes de transfert d’argent urgent.
La protection des consommateurs constitue un défi croissant alors que les paiements numériques se multiplient. La Sierra Leone mise sur la sensibilisation du public, le renforcement des mécanismes de protection et une coordination accrue entre les acteurs pour limiter les risques. L’efficacité de ces mesures dépendra de leur capacité à suivre l’évolution constante des techniques de fraude et à préserver durablement la confiance des utilisateurs dans les services financiers numériques.
