La Côte d’Ivoire accélère la modernisation de son administration avec un objectif ambitieux : porter à 700 services publics numériques à fort impact d’ici 2029. L’annonce a été faite le jeudi 3 septembre à Abidjan, à l’ouverture de l’atelier national consacré à la priorisation des services publics numériques et à la définition d’une feuille de route pour les infrastructures publiques numériques. L’enjeu ultime est une administration « zéro papier » à l’horizon 2030.
Derrière la cible des 700 services, l’objectif est surtout de modifier la manière dont les administrations développent leurs outils numériques. La Côte d’Ivoire dispose déjà de nombreuses plateformes, bases de données et services en ligne, mais ceux-ci ont souvent été conçus séparément pour répondre aux besoins de chaque administration. Le ministère reconnaît que les échanges de données restent limités et que certaines fonctions ont été conçues en doublon.
La nouvelle approche cherche donc moins à multiplier les plateformes qu’à connecter et réutiliser les capacités déjà disponibles. L’objectif est notamment de permettre à une administration d’accéder, lorsque cela est nécessaire et autorisé, à des informations déjà détenues par une autre, afin d’éviter aux citoyens et aux entreprises de fournir plusieurs fois les mêmes données ou justificatifs.
Avant d’atteindre les 700 services annoncés à l’horizon 2029, le gouvernement veut établir un premier portefeuille d’environ 100 services à transformer ou à développer à partir de la plateforme nationale d’interopérabilité. Les travaux engagés cette semaine visent à déterminer lesquels présentent le plus d’intérêt pour les citoyens, les entreprises et l’administration. La sélection ne repose pas uniquement sur la faisabilité technique : les services seront évalués selon leur impact, leur faisabilité et leur caractère transversal.
Cette orientation intervient après plusieurs années de numérisation sectorielle. Selon un rapport réalisé en 2023 et publié en 2025, la Côte d’Ivoire comptait déjà près de 211 initiatives de transformation du service public, dont 121 numériques, soit 57,34 % de l’ensemble.
La feuille de route élaborée cette semaine devrait préciser les infrastructures communes nécessaires à cette intégration. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030 et de la stratégie nationale de développement du numérique. Le ministère a structuré son action autour de sept piliers, dont la transformation numérique de l’administration, la connectivité, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les compétences numériques, déclinés en 40 projets structurants.
