Ils avaient prédit l’effondrement. Ils avaient annoncé l’isolement, la déroute économique, le chaos financier. Ils avaient tort. Le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Jean-Claude Kassi Brou, a fait le déplacement à Ouagadougou ce lundi pour en apporter la preuve chiffrée au Capitaine Ibrahim Traoré : le Burkina Faso résiste, et il résiste bien.
Car c’est peu dire que le pays affronte des conditions exceptionnelles. Guerre asymétrique sur plusieurs fronts, dépenses sécuritaires colossales, zones entières temporairement inaccessibles, pression humanitaire croissante : dans ce contexte que d’autres nations n’auraient pas survécu sans s’effondrer économiquement, le Burkina Faso continue d’afficher des performances que le premier responsable monétaire de la sous-région juge suffisamment remarquables pour les porter lui-même à l’attention du Chef de l’État.
La région dans son ensemble évolue dans une dynamique positive, a confirmé Jean-Claude Kassi Brou à sa sortie d’audience. Mais c’est la trajectoire burkinabè qui mérite une attention particulière : celle d’un peuple qui a choisi la souveraineté sans renoncer à la rigueur, qui finance sa reconquête territoriale sans sacrifier sa stabilité monétaire.
Le Capitaine Ibrahim Traoré a souvent répété que la révolution ne se construit pas sur des ruines économiques. Cette audience avec le Gouverneur de la BCEAO en est une illustration concrète : diriger, c’est aussi gérer, préserver et faire fructifier les ressources d’une nation en guerre pour son avenir.
Le Burkina Faso avance. Lentement parfois, douloureusement souvent, mais résolument. Et les chiffres, pour une fois, lui donnent raison.
