Plus de deux ans après son investiture, le 22 janvier 2024, le Président libérien Joseph Nyuma Boakai poursuit, avec constance, son entreprise de redressement économique du pays. Porté par son programme ARREST (Agriculture, Routes, État de droit, Éducation, Assainissement et santé, Tourisme), le Chef de l’État a misé sur une combinaison de rigueur budgétaire, de réformes institutionnelles et d’ouverture économique pour sortir le Libéria d’une trajectoire longtemps marquée par la fragilité de ses finances publiques.
Les résultats commencent à se faire sentir. Lors de son adresse à la nation devant la 55ème législature, en janvier 2026, le Président Boakai a annoncé une croissance économique de 5,1 % en 2025, dépassant les prévisions initiales, tandis que l’inflation est retombée à 4 %, son niveau le plus bas depuis vingt ans, contre 10 % au moment de la prise de fonction de son administration en 2024. Les exportations ont bondi de plus de 31 %, atteignant environ 2,1 milliards de dollars, et les réserves internationales du pays sont passées de 475 à 576 millions de dollars sur la même période.
Cette dynamique s’accompagne d’un effort de modernisation numérique et de transparence financière, avec plus de 275 000 transactions financières digitales enregistrées en une seule année, ainsi que d’un renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption : mise en place d’un Bureau du Médiateur, création d’une cellule de recouvrement d’avoirs, et processus en cours pour l’établissement d’une Cour spécialisée dans les crimes économiques et de guerre.
Conscient que ces avancées restent fragiles, le Président Boakai a lui-même appelé les législateurs à accélérer l’adoption de textes structurants, notamment sur la transition présidentielle et le renforcement de l’État de droit, estimant que tout retard fragiliserait les acquis de la réforme. Pour 2026 et les années suivantes, son administration table sur une croissance moyenne d’environ 6 % jusqu’en 2028, portée par les investissements dans les infrastructures, l’agriculture, la modernisation portuaire et l’intégration régionale, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine.
Dans un pays encore marqué par le souvenir de deux guerres civiles dévastatrices, la volonté affichée par Joseph Boakai de redresser durablement l’économie, par une approche méthodique plutôt que spectaculaire, mérite d’être saluée. Elle illustre la capacité d’un dirigeant à conjuguer prudence budgétaire et ambition réformatrice pour remettre son pays sur les rails du développement.
Amen K.
