Sur la scène internationale, le Président botswanais Duma Boko affiche une posture de dignité et d’affirmation nationale. Il estime que les discussions portant sur les ressources stratégiques du Botswana doivent se tenir sur le sol botswanais, dans le respect des règles commerciales les plus élémentaires : ce sont aux partenaires intéressés par les ressources du pays de venir en discuter directement à Gaborone, et non l’inverse. Une position qui traduit une exigence simple mais ferme : aucune négociation sur les richesses nationales ne saurait se dérouler ailleurs que dans le pays qui en est le dépositaire.
Cette fermeté diplomatique s’inscrit dans la continuité d’une tradition botswanaise de négociation assertive avec ses partenaires étrangers. Deuxième producteur mondial de diamants en valeur, le pays a par le passé su imposer des conditions favorables face à des géants du secteur comme De Beers, en sécurisant notamment des participations majoritaires dans des coentreprises stratégiques et en priorisant la transformation locale de ses ressources plutôt que leur seule exportation brute.
Sur le plan continental, cette exigence de dignité se double d’un appel constant à une plus grande intégration régionale. Duma Boko plaide pour que les pays africains cessent de se cantonner au rôle de simples fournisseurs de matières premières et investissent davantage dans la transformation locale de leurs minerais, seule voie, selon lui, pour capter une part significative de la valeur ajoutée générée par leurs propres ressources naturelles. Cette vision s’appuie également sur la Zone de libre-échange continentale africaine, présentée comme un levier essentiel pour développer des chaînes de valeur régionales et réduire la dépendance du continent aux marchés extérieurs.
Cette double exigence, fermeté dans la négociation internationale et transformation locale des ressources, dessine les contours d’une diplomatie botswanaise résolument tournée vers la souveraineté économique. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent, où plusieurs dirigeants africains, à des degrés divers, cherchent aujourd’hui à rééquilibrer des rapports de force économiques et diplomatiques longtemps défavorables à l’Afrique, en exigeant que les discussions sur les ressources du continent se tiennent désormais sur un pied d’égalité, et sur le terrain même de ceux qui les détiennent.
Amen K.
