Le Togo dispose, depuis quelques mois, d’un manuel de procédures de gestion des projets d’investissement public. Approuvé en février 2026, ce document constitue désormais un cadre de référence destiné à encadrer les principes, les méthodes, les modalités et les outils de programmation des investissements publics dans le pays.
Ce nouvel instrument s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la gouvernance des investissements publics portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dans le cadre plus large des réformes engagées sous la Ve République pour moderniser l’action de l’État et accroître son efficacité. Il répond à un objectif clair : améliorer la conception et la formulation des projets et programmes d’investissement, renforcer les mécanismes de sélection et de hiérarchisation entre les différents projets soumis à l’État, et optimiser leur programmation budgétaire dans le temps.
Ce manuel ne se limite pas à une simple mise en ordre administrative. Il met également l’accent sur une meilleure intégration des thématiques transversales dans l’ensemble du cycle des investissements publics, qu’il s’agisse des questions de genre, des changements climatiques ou de la protection de l’environnement. Une orientation qui traduit une volonté d’aligner la politique d’investissement togolaise sur les standards internationaux en matière de développement durable, de plus en plus exigés par les partenaires techniques et financiers du pays.
Autre innovation notable : le manuel prévoit une prise en compte plus systématique des charges et coûts récurrents liés aux projets, un aspect souvent négligé dans la conception des politiques d’investissement public en Afrique, mais déterminant pour garantir la viabilité à long terme des infrastructures et des programmes financés par l’État. En anticipant ces coûts de fonctionnement futurs dès la phase de conception, l’État togolais entend éviter le piège classique des infrastructures coûteuses à construire mais difficiles à entretenir une fois achevées.
Cet outil vient ainsi compléter l’arsenal de réformes engagées par les autorités togolaises pour structurer une gouvernance publique plus rigoureuse, plus transparente et plus soucieuse de l’impact réel des investissements sur le développement du pays, dans la continuité de la feuille de route gouvernementale 2026-2031 et de son ambition de transformation économique et sociale à l’horizon 2040.
Amen K.
