Avec plus de 50 milliards de dollars d’investissements gaziers en cours de développement dans le bassin de Rovuma, le Président mozambicain Daniel Chapo affiche une ambition celle de faire du Mozambique un véritable hub énergétique régional, capable de transformer ses immenses ressources naturelles en croissance industrielle durable. Le bassin de Rovuma, qui recèle plus de 100 000 milliards de pieds cubes de réserves gazières, accueille aujourd’hui certains des plus grands projets de GNL au monde : le Coral South FLNG, déjà opérationnel, et le Coral North FLNG, attendu en 2028, tous deux pilotés par Eni ; le projet Mozambique LNG de TotalEnergies, prévu pour 2029 ; ainsi que le développement Rovuma LNG d’ExxonMobil, dont la décision finale d’investissement est attendue en 2026 ou 2027. Ensemble, ces projets représentent une capacité combinée de plus de 40 millions de tonnes par an.
Lors du Sommet des PDG du Mozambique, le Chef de l’État a fixé un cap sans ambiguïté au secteur privé : ces investissements massifs doivent se traduire concrètement en industrialisation, en emplois qualifiés et en renforcement de l’écosystème entrepreneurial national, plutôt qu’en simple extraction de matières premières sans retombées locales.
C’est précisément dans cet esprit que s’inscrit la loi sur le contenu local, promulguée en juin 2026 par le Président Chapo, aux côtés des lois révisées sur les mines et les hydrocarbures. Loin de la présenter comme une simple contrainte réglementaire, le Chef de l’État en a fait un véritable outil de développement économique, destiné à renforcer les entreprises mozambicaines, à développer les compétences de la main-d’œuvre locale et à accroître la participation des citoyens à la richesse générée par les ressources naturelles du pays. Une démarche saluée par la Chambre africaine de l’énergie, qui y voit un levier essentiel pour transformer ces investissements en croissance nationale et régionale durable.
En conjuguant ambition énergétique et exigence de redistribution locale, Daniel Chapo trace une voie qui tranche avec la trajectoire de nombreux pays africains producteurs d’hydrocarbures, longtemps marqués par la « malédiction des ressources ». Reste désormais aux entreprises mozambicaines à se hisser au niveau de compétitivité exigé par des opérateurs internationaux de cette envergure, un défi que le Président entend accompagner par la poursuite des réformes de l’environnement des affaires.
Amen K.
