À l’occasion du 179e anniversaire de l’indépendance du Libéria, célébré à Buchanan, dans le comté de Grand Bassa, le Président Joseph Nyuma Boakai a livré un message dont la portée dépasse la simple commémoration : « Le patriotisme qui ne peut se construire que sur la maîtrise, par les citoyens eux-mêmes, de l’histoire de leur nation » . Placée sous le thème « Renforcer l’identité nationale par un leadership historique porté par les Libériens », cette célébration a été l’occasion, pour le Chef de l’État, d’appeler ses compatriotes à ne pas se contenter de commémorer le passé, mais à se l’approprier pleinement.
Pour le Président Boakai, ce 179e anniversaire ne devait pas être qu’une célébration de la souveraineté, mais aussi un moment de réflexion sur le parcours et l’avenir de la nation. Il a rappelé que l’histoire du Libéria, marquée par la résilience, le sacrifice et l’unité malgré les périodes de conflit, d’instabilité politique et de difficultés économiques, puise ses racines dans la rencontre entre les communautés autochtones, les Africains revenus des Amériques et des Caraïbes, et les liens durables tissés avec la diaspora africaine. Une identité nationale unique, selon lui, appelée à inspirer l’unité, le patriotisme et une gouvernance responsable. « Une nation qui comprend son histoire est mieux préparée à façonner son avenir », a-t-il résumé.
C’est dans cette perspective que le Chef de l’État a annoncé la création d’une Initiative nationale de récupération et de rapatriement historique, destinée à travailler avec des partenaires internationaux, des universités, des bibliothèques, des archives et des institutions culturelles, afin de rapatrier des copies de documents historiques relatifs au Libéria conservés à l’étranger. Il a insisté sur un principe central de cette démarche : les Libériens doivent rester au cœur du travail de recherche, d’interprétation et de présentation de leur propre histoire, aussi bien pour leurs concitoyens que pour le reste du monde. Le Président a également ordonné la mise en place d’un comité technique intergouvernemental chargé d’évaluer l’avenir du Centre culturel de Kendeja, en vue de sa restauration et de sa modernisation.
En replaçant l’histoire au centre du projet national, à l’approche du bicentenaire de l’indépendance, Joseph Boakai affirme une conviction simple mais structurante : aucun patriotisme durable ne peut se construire sur l’ignorance du passé, et aucune nation ne peut se dire souveraine si elle laisse à d’autres le soin d’écrire son propre récit.
Amen K
