Le chiffre est éloquent, mais il ne dit pas tout. Au 23 octobre 2026, les contributions financières à l’initiative présidentielle Faso Mêbo atteignaient 341 786 028 FCFA, collectés à travers les 17 régions du pays via la plateforme Faso Arzeka et la Banque des dépôts du Trésor . Derrière ce montant, il y a une réalité plus profonde : celle d’un peuple qui a décidé de ne plus attendre que le développement vienne d’ailleurs, et qui y met ses propres moyens.
La géographie de cette mobilisation raconte elle-même une histoire d’appropriation. Le Kadiogo, cœur battant de la capitale, arrive en tête avec plus de 75 millions de FCFA, suivi du Yaadga avec 62,3 millions . À eux seuls, ces deux régions totalisent près de 40 % des contributions. Mais ce qui frappe, c’est la participation généralisée : seize autres régions affichent des montants significatifs, du Guiriko (25,6 millions) à la Sirba (10 millions), en passant par le Bankui et le Sourou . Ce n’est pas l’affaire d’une élite urbaine ; c’est un élan national.
Et cet élan ne se limite pas aux espèces sonnantes et trébuchantes. Dans le Yaadga, les populations ont mobilisé 154 donateurs, trois sites fonctionnels de production de pavés, plus de 800 tonnes de ciment et 1 300 tonnes de granite concassé . À Koudougou, dans le Nando, ce sont 1 805 tonnes de ciment, près de 5 000 moules et plus de 8 millions de FCFA en espèces qui ont été rassemblés, permettant de paver plus de 200 000 mètres carrés de la ville . Chaque jour, 200 à 300 personnes viennent travailler bénévolement sur les sites .
Cette dynamique dépasse même les frontières. Le personnel des Nations Unies au Burkina Faso a contribué à hauteur de 7,2 millions de FCFA, dépassant son objectif initial, avant de rejoindre les sites pour participer au chargement des pavés . Le président burundais, en visite officielle, a qualifié le modèle d’« inspirant » et annoncé l’envoi d’une mission pour s’en imprégner .
Ce que révèle Faso Mêbo, c’est une vérité simple et puissante : lorsque les citoyens voient que leurs dons se transforment en routes pavées, en villes embellies, en infrastructures concrètes, ils donnent davantage . Le peuple burkinabè ne demande qu’à croire en son propre développement. Et à en être l’artisan.
Amen K.
