Dès sa campagne électorale, Duma Boko avait dénoncé la crise profonde traversant le système de santé publique botswanais. Devenu président en novembre 2024, il a dû faire face, dès août 2025, à une réalité alarmante : l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement médicale, provoquant de graves pénuries de médicaments essentiels, traitements contre le cancer, le diabète, la tuberculose, ainsi que des soins de santé sexuelle, reproductive et mentale, dans les centres de santé et hôpitaux publics du pays.
Face à cette situation, le Chef de l’État a déclaré l’état d’urgence sanitaire nationale, débloquant un financement d’urgence de 250 millions de pulas, environ 18 millions de dollars, pour réapprovisionner les établissements de santé, avec l’appui logistique de l’armée déployée pour participer à la distribution des médicaments. Une équipe spéciale de passation des marchés, mise en place dans ce cadre d’urgence, est parvenue à sécuriser un approvisionnement annuel d’un médicament essentiel pour environ 80 millions de pulas, contre 705 millions de pulas initialement facturés par la Centrale d’achat des médicaments, une différence qui illustre l’ampleur des dysfonctionnements hérités du système précédent.
Cette crise sanitaire s’inscrit dans une stratégie plus large de refonte institutionnelle. Un audit médico-légal d’envergure, évalué à 4,5 millions de dollars, a examiné 30 entités publiques et mis en évidence des faits de corruption, de fraude et de détournement de ressources, transmis aux autorités compétentes pour d’éventuelles poursuites. Selon le président du comité de pilotage, Moses Pelaelo, cet audit vise à « rétablir la confiance du public » et à « garantir une bonne gouvernance », sans chercher à cibler un individu en particulier.
Sur le plan structurel, Duma Boko a annoncé le transfert du Sir Ketumile Masire Teaching Hospital vers la pleine propriété publique, ainsi qu’un plan de décongestion des grands hôpitaux de référence. Il a également associé les chefs traditionnels, réunis au sein de la Ntlo ya Dikgosi, à cette transformation, convaincu que des réformes durables ne peuvent réussir sans une pleine implication des communautés locales.
Amen K.
