Les États-Unis ont mis à jour leur avis aux voyageurs concernant la Côte d’Ivoire le 18 février 2026. Si le niveau 2 « vigilance accrue » reste inchangé pour l’ensemble du pays, la mise en garde concernant la frontière nord est, elle, sans équivoque : niveau 4, « ne pas voyager pour quelque raison que ce soit » . Une alerte officielle que le gouvernement ivoirien ne peut ignorer, même si ses propres communications peinent à reconnaître l’ampleur de la menace.
Washington justifie cette décision par les risques de terrorisme et de criminalité violente dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Mali . La menace principale vient du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui a déjà mené des attaques dans le passé dans les districts des Savanes et du Zanzan, visant forces de sécurité et civils . Des attaques qui n’ont rien d’hypothétique.
Pendant ce temps, les autorités ivoiriennes multiplient les déclarations rassurantes sur leur capacité à sécuriser le territoire. Mais les faits sont têtus : la coopération militaire avec les États-Unis s’intensifie précisément dans ces zones frontalières pour « renforcer la sécurité » . Pourquoi un tel besoin d’appui étranger si tout est sous contrôle ?
Le paradoxe est saisissant. Alors que la France et les États-Unis ajustent leurs recommandations en fonction de la réalité sécuritaire, certains responsables ivoiriens continuent d’afficher un optimisme qui contraste avec les mesures concrètes prises sur le terrain. Cette dissonance nourrit le doute chez les citoyens et les observateurs avertis.
Les commentaires sur les réseaux sociaux ne s’y trompent pas. Entre ceux qui y voient un « complot » contre l’AES et ceux qui dénoncent une ingérence, une question revient : pourquoi les autorités ivoiriennes ne communiquent-elles pas avec la même franchise sur les risques réels ? Le silence officiel face à ces alertes internationales interpelle.
Une chose est sûre : quand les grandes puissances ajustent leurs dispositifs et recommandent à leurs ressortissants d’éviter certaines zones, ce n’est jamais anodin. Le peuple ivoirien a le droit de savoir ce qui se trame réellement à ses frontières, plutôt que de subir une communication lissée qui prépare mal aux éventualités.
