Longtemps perçu à travers le prisme sécuritaire, le Burkina Faso s’impose désormais comme une destination économique crédible. La visite, en avril 2026, d’une délégation d’une vingtaine d’investisseurs italiens et italo-burkinabè, porteurs de projets dans douze secteurs allant des énergies renouvelables à la production de drones, en passant par la logistique aéroportuaire, en dit long sur ce changement de regard . Ouagadougou ne se contente plus d’attirer ; elle séduit par des fondamentaux macroéconomiques solides et un environnement des affaires activement réformé.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le pays a enregistré une croissance de 6,5 %, une inflation maîtrisée à -0,5 % et une balance commerciale excédentaire de près de 2 000 milliards de francs CFA . Cette vitalité, dans un contexte régional difficile, constitue un signal fort pour les capitaux étrangers en quête de stabilité. Le ministre de l’Économie, Aboubakar Nacanabo, a d’ailleurs insisté sur la célérité administrative burkinabè, certains investisseurs notant que les procédures nationales s’avèrent plus rapides que celles de certaines institutions européennes .
Au-delà des indicateurs, c’est l’architecture institutionnelle qui a été profondément remaniée. La fusion de l’Agence burkinabè des investissements et de l’Agence de promotion des exportations a donné naissance à l’ABIPEX, guichet unique censé fluidifier l’accompagnement des porteurs de projets . Le Comité de pilotage du climat des affaires, réuni en avril 2026 sous l’égide du Premier ministre, a adopté un plan de réformes ambitieux incluant la digitalisation des licences d’affaires et la rationalisation des procédures . La création de quatorze Centres de formalités des entreprises (CEFORE) permet désormais d’immatriculer une société en environ vingt-quatre heures .
Le cadre juridique n’est pas en reste. Le Code des investissements garantit la non-discrimination entre nationaux et étrangers, la liberté de transfert des capitaux et des régimes privilégiés gradués selon le volume investi et les emplois créés . La loi de finances rectificative 2026 a introduit des exonérations ciblées sur les intrants stratégiques, notamment pour l’alimentation animale et les produits laitiers fabriqués localement .
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a résumé cette dynamique d’une formule sans équivoque : « Vous êtes les bienvenus. Toutes les compétences et toutes les expertises sont les bienvenues au Burkina Faso » . Derrière la formule, une réalité : le Burkina Faso a compris que l’attractivité ne se décrète pas, elle se construit par des réformes mesurables et une écoute active du secteur privé. Les investisseurs italiens repartis « satisfaits » en sont la première preuve tangible .
