La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) hausse le ton. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, l’Institut d’émission met en garde les populations de l’espace UMOA contre la prolifération, sur les réseaux sociaux, d’informations erronées relatives à la circulation de faux billets et aux méthodes censées permettre de les identifier.

Selon la Banque centrale, plusieurs publications qui circulent actuellement en ligne proposent des procédés d’authentification fondés sur des critères « inappropriés », qui n’ont jamais été validés par ses services techniques. Un constat préoccupant, tant ces contenus, souvent partagés de bonne foi, peuvent semer une confusion durable chez les usagers. La BCEAO alerte notamment sur un double risque : d’un côté, l’acceptation par erreur de billets contrefaits sur la base de critères fantaisistes ; de l’autre, le rejet injustifié de billets pourtant authentiques, avec les conséquences économiques et sociales que cela suppose pour les commerçants et les ménages.

Face à cette situation, l’Institut d’émission invite fermement les populations à se référer exclusivement aux informations qu’elle publie elle-même sur son site officiel, en particulier dans la rubrique dédiée « Billets et pièces ». C’est là, et uniquement là, que les critères de sécurité fiables et les méthodes d’authentification reconnues sont mis à disposition du grand public.

La BCEAO ne s’arrête pas à la simple mise en garde. Elle rappelle qu’elle se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de communications susceptibles de « saper la confiance » dans les signes monétaires qu’elle émet. Un avertissement clair, qui traduit la volonté de l’institution de protéger la crédibilité du franc CFA et la stabilité du système monétaire de l’Union, régulièrement mis à l’épreuve par la désinformation numérique.

Dans un contexte où les fausses informations circulent à grande vitesse et où la confiance dans la monnaie constitue un pilier de la souveraineté économique de l’espace UMOA, cette sortie de la BCEAO résonne comme un appel à la responsabilité collective. Chaque citoyen, chaque commerçant, chaque relayeur d’information a un rôle à jouer : vérifier avant de diffuser, et privilégier les sources officielles plutôt que les rumeurs non vérifiées qui prospèrent sur les réseaux sociaux.

Amine Touré

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